samedi 12 décembre 2009

Sonnet de la pudeur

Elle est ma sœur et mon tracas, et ma compagne,
Elle tire les ficelles, et mon âme brisée,
Du fond de son cachot, des pavés de son bagne
Obtempère en pleurant, ô ! Pudeur avisée !

Je suis son obligé, son serviteur aimable,
Voleur obéissant aux ordres du parquet.
Ses désirs sont les miens, Cléopâtre irritable
Et je pleure en secret les occasions manquées :

Le vice inavouable et l’ombre improvisée,
Les femmes que mon corps brûlant voulait toucher
Quand cette puritaine et ses faux airs de sage

S’emparait de mes membres et les faisait trembler !
Alors, horrible ancêtre, ayant pris cent ans d’âge,
Honteux de ma Pudeur, je courais me cacher !

1 commentaire:

Cochonfucius a dit…

Magnifique évocation !