De sombres cauchemars aux accents familiers
Me hantent certains soirs. Je m’y vois tour à tour
Suspecté, condamné, suspendu par les pieds,
Pathétique et pleurant, réclamant que le Jour
Nouveau me vienne en aide, me sorte du guêpier !
Arrache de ma peau les sangsues déjà pleines
Que mon pauvre esprit dégénéré, fou à lier
Fait pousser à l’envi sur mon noir abdomen.
Mais la nuit, chat jaloux, me tient entre ses pattes,
Enfermé, froid et nu, dans un trou sans lumière.
Mon âme prie, idiote, et mes doigts tremblent et grattent
Au hasard ! Et j’entends qu’on rit de mes prières.
D’autres fois, dérivant dans un manoir immense
Je butte sur des corps, j’agrippe des nuées,
Je sue, je crie « Assez ! », puis de rage je lance
De virtuels cailloux vers de faux macchabées.
Quel effroi je ressens quand dans mon lit le soir
Apparaît près de moi cette vieille fripée,
Que ses longs bras me touchent, que ses yeux dans le noir,
Sont deux lunes blanchâtres expirant de la craie !
Hier un cauchemar plus sombre et plus mauvais
M’a fait cracher des seaux de fiel et de douleur.
On m’y disait « Adieu, pour la dernière fois ! »
Et l’Amour me laissait à mon sang et mes pleurs.
A ceux dont le sommeil est d’une paix divine,
Priez pour qu’il le reste et laissez-vous bercer.
Le mien n’est qu’un grand lac aux vagues assassines,
Et les nuits sont pour moi de longues traversées !
1 commentaire:
Saisissant ! J'aime beaucoup ! Toute mon amitié.
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