Fraternelles, mes sœurs ne le sont pas, c'est sûr,
mes frères sont cupides et leurs manières sont dures,
Et quand j'entends ma mère crier derrière ma porte,
je murmure en dedans : "que le diable l'emporte ! "
Mon père est un violent ; un grand ogre à l'ancienne,
Féroce et revanchard, sa puissance est martienne
Et son poing peut briser plusieurs os à la fois.
Mon dos et mes deux bras en témoignent pour moi.
A l'école on m'insulte, on rit derrière mon dos,
Les grands n'arrêtent pas de me traiter de sot,
A la récréation le temps pour moi s'arrête,
ils me mettent des coups de talon dans la tête.
Et même la maîtresse a ri hier au soir,
de me voir à genoux, en proie au désespoir,
je suis rentré saignant, et puis à la maison,
on m'a laissé pleurer derrière les frondaisons.
Il ne fait pas très bon avoir dix ans ce soir,
mes amis, en cadeau, m'ont mis un entonnoir
jusqu'au fond de la gorge. Il est rempli d'essence,
J'ai mal un peu partout et je pleure, et je pense,
à la mer. Aux oiseaux, au senteurs printanières
que je ne connais pas, à la forêt légère,
et je pense aux longs pieux que je mettrai un jour,
au fond des deux grands yeux du monde qui m'entoure.
3 commentaires:
Merci pour ta visite sur mon blog. J'aime énormément le tien, tes poèmes sont très beaux. Celui-ci m'a énormément touché, il est terrifiant ...
C'est avec un grand plaisir que je t'aurais inscrit dans ma communauté, mais malheureusement, il faudrait que tu sois à Over-Blog...
Par contre, je mets ton blog en lien sur le mien, et je m'inscrit à ta newsletter pour contempler régulièrement tes nouvelles merveilles
Toute mon amitié
Un texte terrible!
Tu prends aux trippes
Ombrage
Je suis impressionnée par ta sensibilité de poète maudit même si tu t' en défends et pense reconnître en toi unpetit frère d' arme et de plume, j' espère que tu continues d' écrire...
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