mercredi 16 avril 2008

En réponse à cela

" Il n'y a pas de modèle pour celui qui
cherche ce qu'il ne connaît pas. "

Mais il y a des marchands en habits de couleur,
Adossés à nos peurs et rêvant de jeter
des idées apaisantes au cœur de nos folies.
Leurs modèles si pâles, si tristes les réponses
qu'ils nous donnent ! Ils rêvent que l'on rêve d'oubli.
Ils dictent des modèles aux contours définis.
Ils crient, affirmatifs, et savent, et sans semonce,
nous saoulent et nous endorment et nous laissent sans vie.

Il ne faut pas laisser les troubles enfantins
A la merci de ceux qui, savants éconduits,
ont autant de réponses que nous avons d'ennuis.

Comprends-tu, Maud, amie, le péril où nous sommes,
La quantité d'efforts que nous devrons fournir
pour laisser de côté l'envie de les punir ?

Les mauvais orateurs aux mauvaises morales ?
La troupe aux cent sermons, qui soufflent à nos pieds,
et nous conjurent au fond de joindre leur armée ?

Ceux-là qui croient tromper par leur indépendance
Et qui rampent aussitôt que le vent a tourné,
ils ont de l' Idéal une idée mal formée !

Attention, il y a là de quoi perdre la tête.
Parlons amour, dansons, rêvons de courtes guerres
et de nos langues sèches apaisons ces échos.

En haut de dix Everests, au fond des sombres mines,
Il n'y a rien de pire qu'un homme qui rumine
Une idée à laquelle il n'est pas préparé.
Je ne vois pas les hommes, et je sais leurs pensées.

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