Les tuyaux à l’intérieur chargés de fumée noire
Les canaux n’avaient pas demandé à tant boire
Les oiseaux des anciens regardent en riant
Ce corps abandonné qui s’éteint lentement
Accablé et mordu, détruit par tant de vie
L’enfant s’est transformé en un animal gris
Allongé près d’un arbre, il n’y a pas si longtemps
Il s’amusait encore des sourires des parents
Et l’alcool bouillonnant sous sa veste trempée
Son herbe frémissant de remplir sa corvée
Ont fini d’engloutir sous des vapeurs piquantes
Les tripes à l’intérieur de cet être allongé.
Il y en aura peut-être pour se dire un jour
Qu’un peu d’attention et de regards penchés
De signes d’amitié et de baisers volés
Auraient dû le sauver de ce furieux parcours
Mais le destin sans doute avait pris le parti
D’attirer loin de lui les plaisirs de la vie
De pousser cet enfant dans les sentiers sans gloire
Où tous ont dû trouver la fin de leur espoir
La mort, la vraie, est venue tard ce soir,
Sur le corps et l’esprit étendre son bras froid
L’enfant n’en est plus un, depuis longtemps déjà,
Jamais plus un garçon, jamais un homme, voilà.
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